Samedi 22 janvier 6 22 /01 /Jan 20:33

 Séjour du

colonel Jean Pétré

en prison et au camp de

Buchenwald

1943-1945


 

Lors d'un appel, les prisonniers du camp furent obligés d'assister à une pendaison, spectacle habituel, ordinaire, n'éveillant en eux aucune sensibilité particulière. Derrière moi, j'entendis un homme demander :
— Où donc est Dieu ?
Et je sentis en moi une voix qui lui répondait :
— Où Il est ? Le voici. Il est pendu ici, à cette potence
.

Elie Wiesel, La nuit.

 

 

D

OCUMENTS en possession du Lt-Colonel Jean-Baptiste Pétré, chef régional de l’AS, région du Sud Est R2, arrêté par la Gestapo le 4 juillet 1943, puis incarcéré et déporté au camp de Buchenwald de 1943 à 1945.

Le Lt-Colonel Jean-Baptiste Pétré, né le 27 octobre 1896, est décédé dans sa ville natale à Saint-Jean-Pied-de-Port le 7 avril 1959. Sa biographie a été publiée par l’Amicale des Anciens du 141e RIA. Elle est aujourd’hui disponible à l’adresse internet suivante http://colonel.petre.resistance.marseille.over-blog.com.

Un bref résumé de son séjour à Buchenwald se trouve dans le mémoire de proposition pour Commandeur de la Légion d’honneur, document n°55 du dossier Colonel Pétré après-guerre, grades, décorations: «Devant l’avance alliée (les Américains avaient traversé le Rhin au confluent de la Lippe à Wesel, à 80 km du camp de Annen), le camp de Buchenwald fut évacué le 28 mars 1945. Les déportés, encadrés par les SS furent dirigés à pied vers l’est, en traversant toute la Rhur. Ils marchèrent nuit et jour, sans ravitaillement autre que 200 grammes de pain par jour. Quiconque tombait de fatigue était abattu aussitôt. Déjà désigné comme chef de la Résistance dans le camp, le Lt-colonel Pétré fut de suite considéré comme le chef de la colonne par les déportés français, belges et hollandais et ils se tinrent en liaison étroite avec lui. Le soir du 31 mars, la colonne complètement épuisée, arriva à Lippstadt vers 11 heures du soir. On la parqua dans un cinéma. A cinq heures du matin, un tank américain pénétra dans la ville et les SS s’enfuirent. Mais un officier de l’armée allemande prit les déportés en main et, profitant du repli momentané du tank, remit la colonne en route vers l’est. C’est alors que le Lieutenant-colonel Pétré, n’hésitant pas à entrer en contact avec cet officier allemand à la faveur de la panique commençante, obtint de prendre sous son commandement les déportés français, belges et hollandais auxquels se joignirent les espagnols. Les autres déportés (polonais, ukrainiens, yougoslaves, etc.) essayèrent de s’enfuir, mais la garde tira sur eux et nombreux furent ceux qui tombèrent. Le Lt-colonel Pétré réussit à maintenir l’ordre jusqu’à la nuit et à ramener sa colonne vers la ville, à l’aube. Il se présenta au commandement américain (major O’Donnel) qui le chargea du commandement des déportés, des STO et des PG alliés de Lippstadt, soit environ 3000 personnes. Il fallut loger, habiller, nourrir, encadrer ce personnel. Aidé par un groupe de camarades (dont M. Freychet, directeur des caves ce Roquefort et M. Chambon, consul de France à Boston) le Lt-colonel pétré réussit à la satisfaction générale. Il organisa le rapatriement et ses déportés, PG et STO furent les premiers rentrés en France. Il rentra le dernier, complètement épuisé (pesant 46 kilos) le 26 avril 1945».

Tous les documents indiqués et décrits ci-dessous se trouvent au domicile de Mme Jeanne Duny-Pétré, Hegitoa, Eiheraberri auzoa, 4, Uluntzeko bidia, 64220 Donibane Garazi. Tél : 05.59.37.04.91. Ce travail de compilation a été réalisé par Arnaud Duny-Pétré, filleul du colonel Pétré, à Bayonne, Tél : 05.59.59.37.64. arnaud.duny-petre@laposte.net.

 

Présentation : 1- Numéro d’ordre ; 2- Auteur ; 3- Titre, et/ou contenu ; 4- Date ;  5- Support : nombre de pages, nature et couleur du papier, manuscrit, tapé à la machine ronéotypé, imprimé, format, état (piqué, déchiré, etc.).


Entrée Buchenwald Entrée du camp de Buchenwald avec la fameuse inscription: "A chacun son dû".

Liste de documents et leur contenu

1-                  Brassard nazi en tissu rouge avec croix gammée ramené de Buchenwald.

Brassard nazi Buchenwald

 

2- Direction générale de la Police nationale, le commissaire principal chef de service au commissaire divisionnaire, chef du service régional des renseignements généraux de Marseille. Copie d’une lettre signée Leblanc qui rapporte le témoignage de l’inspecteur Pietri sur l’arrestation de Jean Pétré, président de l’Amicale du 141e RIA. Daté du 10 juillet 1943. Trois feuilles de papier pelure blanc, tapées à la machine, format 210 mm x 270 mm.

 

Arrestation Jean Pétré 1

 

Arrestation Jean Pétré 2

 

Arrestation Jean Pétré 3

 

2-                  Morceau de tissu blanc portant une mention manuscrite : Monsieur Pétré, Prison 425 rue Paradis, Section allemande. Format 170 mm x 100 mm.

 

3-                  Feuillet manuscrit, écriture de Pierre Duny-Pétré, portant la mention : 425 rue Paradis, lundi et jeudi de 10 h à 12 h. Papier pelure blanc manuscrit, format 116 mm x 85 mm.

 

4-                  Petit carton marron avec ficelle, portant l’adresse manuscrite suivante à l’encre et au crayon bleu, (écriture de Pierre Duny-Pétré) : Capitaine Pétré, Prison St Pierre, cellule 26, Section allemande. Adresse que l’on accroche à un colis, format 72 mm x 48 mm.

 

Etiquettes colis prison

 

5-                  Petit carton blanc avec ficelle, portant l’adresse manuscrite suivante à l’encre (écriture de Pierre Duny-Pétré) : Monsieur Pétré, Prison St Pierre, cellule 26, Section allemande. Adresse que l’on accroche à un colis, format 70 mm x 50 mm.

 

6-                  Carton bleu avec ficelle, portant l’adresse manuscrite suivante à l’encre (écriture de Pierre Duny-Pétré) : Monsieur Pétré, Prison St Pierre, 425 rue Paradis, cellule 26, Section allemande. Au verso, liste des objets remis, nourriture et linge. Adresse que l’on accroche à un colis, format 166 mm x 67 mm.

 

7-                  Brouillon de message de Pierre Duny-Pétré adressé à son oncle le capitaine Pétré. Feuillet de papier blanc, manuscrit à l’encre, format 135 mm x 115 mm.

 

8-                  Copie de formulaire d’attestation de son arrestation. Feuillet blanc, manuscrit à l’encre, format 125 mm x 155 mm, déchirure.

 

9-                  Carte postale Fronstalag 122 de Compiègne dans l’Oise indiquant transfert vers un autre camp.  Signée  Jean Pétré. Expéditeur : Jean Pétré, matricule n° 24.655 et adressée à M. et Mme Haritschelhar, rue du Brigadier Muscar à Bayonne. Daté du 25 janvier 1944. Carton blanc imprimé, manuscrit à l’encre noire, format 140 mm x 100 mm.

 

10-              Lettre de Jean Pétré  incarcéré à la prison militaire allemande, 2e division à Fresnes, adressée à son neveu Pierre Duny-Pétré à Marseille. Demande de nourriture et de quelques produits de première nécessité. Datée du 23 août 1943. Enveloppe bleu avec timbre de Pétain. Feuille blanche manuscrite à l’encre noire, format 136 mm x 210 mm.

 

11-              Lettre de Jean Pétré  incarcéré à la prison militaire allemande, 2e division à Fresnes, adressée à M. et Mme Haritschelhar à Bayonne. Datée du 20 septembre 1943. Feuille blanche, manuscrite à l’encre, format 136 mm x 210 mm.

 

12-              Lettre de Jean Pétré  incarcéré à la prison militaire allemande, 2e division à Fresnes, adressée à M. et Mme Haritschelhar à Bayonne. Datée du 18 octobre 1943. Feuille blanche, manuscrite à l’encre, format 136 mm x 210 mm.

 

Carretadas al cementerio

Gravure de Francisco Goya, Désastres de la guerre, 1810-1820

 

13-              Lettre de Jean Pétré  incarcéré à la prison militaire allemande, 2e division à Fresnes, adressée à M. et Mme Haritschelhar à Bayonne. Enveloppe bleu avec timbre. Feuille blanche, manuscrite à l’encre, format 136 mm x 210 mm.

 

14-              Coupure de presse sur les messages destinés aux internés civils en Allemagne. Mention manuscrite de Pierre Duny-Pétré. Feuillet de papier blanc, format 60 mm x 70 mm.

 

15-              Bulletin d’expédition de colis postaux pour un colis envoyé à Buchenwald par Haritschelhar de Bayonne, via la SNCF le 22 juillet 1944. Feuille imprimée et manuscrite, format 190 mm x 150 mm.

 

16-              Liste des objets envoyés, datée du 22 juillet 1944. Colis n° 11. Deux exemplaires. Feuillet manuscrit au crayon, format 88 mm x 165 mm.

 

17-              Deux déclarations de douane de la SNCF correspondant à l’envoi d’un colis de vivre et de linge par Haritschelhar à Jean Pétré à Buchenwald. Daté du 22 juillet 1944. Deux exemplaires. Feuille imprimée et manuscrite, format 155 mm x 120 mm.

 

18-              Récépissé à remettre à l’expéditeur de colis postaux envoyés à Jean Pétré à Buchenwald. Onze exemplaires différents datés de l’année 1944. Document imprimé et manuscrit. Format 60 mm x 150 mm.

 

19-              Lettre de Jean Pétré du block 61 adressé à son neveu Pierre Duny-Pétré, «je rêve d’une vie bien tranquille dans notre vieille maison de Saint Jean». Feuille blanche, tapée à la machine, non signée, format 210 mm x 145 mm.

 

20-              Carte postale en allemand adressée par Jean Pétré, n°43676, Bl. 61, Buchenwald, Weimar, adressée à M. et Mme Haritschelhar à Bayonne. Tampon rouge de la censure. Datée du 27 mai 1944. Carton blanc imprimé et texte manuscrit au crayon, format 146 mm x 103 mm.

 

21-              Liste de contenu du colis n° 2, linge et nourriture, écriture de Pierre Duny-Pétré. Feuillet de papier bleu, manuscrit à l’encre noire, format 100 mm x 115 mm.

 

22-              Traduction d’une lettre du 27 février adressée par Jean Pétré à M. et Mme Haritschelhar à Bayonne. Feuillet de papier blanc, manuscrit à l’encre, format 130 mm x 200 mm.

 

23-              Texte en allemand. Feuillet de papier blanc, manuscrit au crayon, format 210 mm x 135 mm.

 

24-              Lettre de Pierre Duny-Pétré et sa traduction en allemand sur l’envoi de colis, adressée à Jean Pétré. Deux feuillets blancs, manuscrit à l’encre, format 122 mm x 160 mm.

 

25-              Traduction de lettre de Jean Pétré, n° 43676, block 61 à Büchenwald. Datée du 27 février 1944. Feuille blanche, tapée à la machine, format 207 mm x 165 mm.

 

 

Blessure 2 Christiane Giraud[1]

 

Blessure 2, sculpture de Christiane Giraud

Par Duny-Pétré Arnaud
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Samedi 22 janvier 6 22 /01 /Jan 20:32

26-       Lettre de Pierre Duny-Pétré à son oncle Jean Pétré, à traduire en allemand, réponse à la lettre du 27 février 1944. Feuille blanche manuscrite à l’encre, format 133 mm x 176 mm.

 

26-       Lettre en allemand de Jean Pétré à Buchenwald, adressée à M. et Mme Haritschelhar à Bayonne. Datée du 26 mars 1944. Enveloppe bleu et tampon de la censure. Feuille imprimée en rouge et texte manuscrit au crayon, format 295 mm x 207 mm.

 

28-       Lettre en allemand de Pierre Duny-Pétré à son oncle Jean Pétré à Buchenwald. Datée du 18 mars 1944. Texte manuscrit dans l’enveloppe. Tampon de la censure. Carton bleu, manuscrit à l’encre bleu, 90 mm x 135 mm.

Lettre à Buchenwald 1

Lettre à Buchenwald 2 

 

29-       Brouillon de lettre en allemand. Datée du 23 avril 1944. Feuille blanche manuscrite 270 mm x 215 mm.

 

30-       Version française de lettre de Pierre Duny-Pétré à Jean Pétré au camp de Buchenwald, réponse à lettre du 23 avril 1944. Deux feuillets blanc manuscrit à l’encre, format 135 mm x 215 mm.

 

31-       Lettre en allemand de Jean Pétré au camp de Buchenwald adressée à Pierre Duny-Pétré à Marseille. Enveloppe avec timbre d’Hitler. Datée du 23 avril 1944. Feuille imprimée en rouge, manuscrit au crayon, format 300 mm x 207 mm.

 

Lettre de Buchenwald

 

32-       Carte postale en allemand de Pierre Duny-Pétré à Marseille adressée à Jean Pétré à Buchenwald. Datée du 2 mai 1944. Timbre de Pétain. Carton blanc manuscrit, format 148 mm x 102 mm.

 

33-       Manuscrit de lettre en français de Pierre Duny-Pétré à Jean Pétré à Buchenwald, référence à lettre du 23 avril 1944. Feuille blanche de papier en-tête de Massalia, manuscrit à l’encre blanche, format 137 mm x 213 mm.

 

34-       Carte postale en français de Jean Pétré adressée à M. et Mme Haritschelhar à Bayonne. Tampon de la censure, timbre de Hitler. Postée de la part de J. Manech avec adresse de Weimar. Datée du 11 mai 1944. Carton imprimé, manuscrit au crayon, format 148 mm x 105 mm.

 

35-       Projet de lettre en français de Pierre Duny-Pétré à son oncle Jean Pétré. Datée du 19 mai 1944. Feuillet blanc, manuscrit à l’encre, format 122 mm x 160 mm.

 

36-       Lettre en allemand de Jean Pétré au camp de Büchenwald, adressée à son neveu Pierre Duny-Pétré. Datée du 21 mai 1944. Feuille imprimée en rouge, manuscrit à l’encre noire, format 295 mm x 210 mm.

 

37-       Lettre de Pierre Duny-Pétré à Marseille à son oncle Jean Pétré au camp de Buchenwald. Tampon de la censure. Texte en français et en allemand. Datée du 19 mai 1944. Encveloppe de couleur bleu. Feuille bleu, manuscrit à l’encre et au crayon, format 265 mm x 177 mm.

 

38-       Traduction de lettre en français de Jean Pétré (camp de concentration de Buchenwald) à M. et Mme Haritschelhar à Bayonne. Datée du 23 avril 1944. Petit feuillet ronéotypé en allemand. Enveloppe avec timbre d’Hitler. Feuille blanche, manuscrite à l’encre, format 125 mm x 160 mm.

 

39-       Lettre en allemand de Pierre Duny-Pétré à Jean Pétré déporté à Buchenwald. Enveloppe bleu. Datée du 16 juin 1944. Feuille bleu manuscrite à l’encre bleu, format 265 mm x 177 mm.

 

40-       Traduction de lettre en français adressée par Jean Pétré à M. et Mme Haritschelhar à Bayonne. Texte d’avis sur les paquets. Datée du 19 juin 1944. Feuille blanche, tapée à la machine, format 210 mm x 273 mm.

 

41-       Lettre en allemand de Jean Pétré, déporté au camp de concentration de Buchenwald, à M. et Mme Haritschelhar à Bayonne. Datée du 27 juin 1944. Timbre de Hitler. Feuille imprimée en rouge, manuscrit au crayon, format 295 mm x 210 mm.

 

42-       Projet de lettre de Pierre Duny-Pétré à Jean Pétré à Buchenwald. Daté du 9 octobre 1944. Feuillet blanc, manuscrit à l’encre noire, format 135 mm x 95 mm.

 

43-       Lettre de l’aumônerie des prisonniers politiques à Paris, adressée à Mme Haritschelhar à Bayonne pour l’envoi de colis via la Suisse. Enveloppe. Datée du 26 décembre 1944. Feuille blanche, tapée à la machine, format 135 mm x 210 mm.

 

44-       Message de Pierre Duny-Pétré à Marseille à Jean Pétré déporté à Buchenwald. Daté du 14 décembre 1944. Feuillet de permission du 81e régiment d’infanterie, blanc, manuscrit à l’encre, format 143 mm x 106 mm.

 

1ere lettre libre enveloppe 

1ere lettre libre 

 

45-       Lettre du Captain Paul Duchène, armée américaine, adressée à M. et Mme Haritschelhar à Bayonne, datée du 5 avril 1945. Annonce que le colonel Pétré est sain et sauf. Est joint un message manuscrit au crayon de Jean Pétré du 4 avril 1945. Deux feuillets manuscrits, format 125 mm x 200 mm environ. Enveloppe avec tampon de US Army, format 215 mm x 110 mm.

 

46-       Carte au nom de Jean Pétré émanant de Allied expeditionary force pour garantir le retour au pays. Carton blanc imprimé et manuscrit, format 105 mm x 76 mm.

 

47-       Fiche de transport chemin de fer, au nom de Jean Pétré à destination de Marseille. Datée du 25 avril 1945. Feuille imprimée, format 205 mm x 105 mm.

 

48-       Nombreux billets de banque en liasses, marks allemands.

 

49- Dessin à l’encre de prisonnier amaigri, sur feuillet manuscrit au crayon. Format  125 mm x 90 mm.

 

50- Journal La Marseillaise, grand quotidien d’information du front national, n° 221 du 18 avril 1945. «Dante n’avait rien vu, le camp de Buchenwald», témoignage du colonel Pétré. En voici le texte : «La 9e armée américaine a libéré dans son avance, 25.000 hommes détenus dans le camp de concentration de Weimar-Buchenwald. Cinq mille d’entre eux sont des Français coupables de ne pas avoir accepté la politique de Montoire. Le lieutenant-colonel Pétré de Marseille, arrêté en juillet 1944 (NDLR : erreur d’année), a donné un témoignage sur la «vie» qu’on menait dans cet enfer du Reich hitlérien.

Voici l’emploi de temps quotidien à Buchenwald : lever le matin à 4 heures en toutes saisons, torse nu au lavabo à 500 m des baraques. Eau noire tenait lieu de café et 300 grammes de pain. Appel dehors de 5h à 6h 30 an pantalon, chemise et veste. A 6h 30, départ pour les usines et travail aux fours et fonderies jusqu’à 19h, avec 30 minutes d’arrêt à midi pour manger le reste du pain, sans avoir le droit de parler à quiconque. A 19h 30, retour au camp. Un litre de soupe à l’orge et aux choux. A 20h, tout le monde nu pour la recherche de la vermine, puis à 22h, coucher sur des grabats communs. Ceci valait pour le «grand camp». Il existait par surcroît un «petit camp» destiné aux «punis». Les «punis » subissaient dès leur arrivée une vingtaine de piqûres soit-disant destinées à les vacciner. Ils n’allaient qu’en babouches ou pieds nus et s’exténuaient dans des carrières ou faisaient des corvées dont la seule description soulève le cœur. Tous les détenus de Buchenwald travaillaient sous la surveillance directe d’autres détenus de droit commun, Allemands pour la plupart, qui, pour se faire mieux voir des SS, les menaient à coups de triques. Il mourait à peu près 200 détenus par jour à Buchenwald.

 

Se-aprovechan.jpgGravure de Francisco Goya, Désastres de la guerre, 1810-1820

 

51- Journal Le Provençal, organe de Patriotes socialistes et des républicains, n° 218 du 27 avril 1945. Au milieu de la une, témoignage du colonel Pétré, de retour du camp de Buchenwald : «Les internés mouraient comme des chiens». En voici le texte: «Deux trains ramenant des prisonniers rapatriés sont arrivés hier et ce matin en gare Saint-Charles: le premier à 23h 30 ; le deuxième à 2h 30. Au passage, tous les revenants des camps de souffrances et de stalags, étaient frénétiquement applaudis. Parmi eux, se trouvait une figure marseillaise sympathiquement connue ! Le colonel Pétré, dans le journalisme, Jean Duhalde, et dans la Résistance : Chardon ou Rolland. Président de l’Amicale du 141e RIA, il avait fondé un groupe de résistants, parfaitement organisé et agissant. Cette patriotique initiative lui valut d’être arrêté par la Gestapo, le 6 juillet 1943. De la prison Saint-Pierre, il fut transféré à Fresnes, puis au camp de Buchenwald. Tandis que ses amis de l’Amicale, parmi lesquels le commandant Billot, vice-président, et M. Raymond Teiyssère, secrétaire général, l’entourent, le colonel Pétré veut bien nous confier quelques uns de ses souvenirs, sur les rigueurs de ce camp de la douleur et de la mort. «On y travaillait dur. On n’y mangait presque pas. On s’y reposait peu. On était mené à la trique. Les gens y mourraient d’inanition comme des bêtes. Le manque de soins favorisait la vermine qui était pour nous une torture de plus. J’ai vu tomber à mes côtés, l’ancien ministre belge Paul-Emile Janson, le général Jean-Edouard Verneau, le député et secrétaire d’Etat  François de Tessan et beaucoup d’autres, hélas! qui sont morts après avoir terriblement souffert. Nos surveillants n’étaient pas des gardiens, c’étaient des bourreaux.

-  Y avait-il avec vous des Marseillais?

«Oui. Malafosse des PTT ; Arnaud, l’ancien conseiller d’arrondissement; Clary, l’ancien chef de la Sûreté; le docteur Crouzet et son fils; Bouchon de la préfecture».

-  Comment avez-vous été libérés?

«Il y a quatre mois, j’avais été transféré du camp de Buchenwald dans la Rhur, comme travailleur. Quand les Alliés se sont approchés, nous avons été repliés vers l’intérieur de l’Allemagne, mais les Américains nous ont rattrapés. Nous étions sauvés.

Autour de nous, la joie des retrouvailles s’exprime en de tendres et passionnées effusions. Entraîné par ses amis, le colonel Pétré, plein d’une joie douce, retrouve enfin Marseille, dont il a tant rêvé, dans l’enfer de Buchenwald. L. L. ».

 

Provençal

 

51-       Formulaire administratif en allemand. Papier bleu imprimé, format 190 mm x 210 mm.

 

52-       Présentation du camp de Buchenvald en termes neutres, le camp apparaît comme un centre de travail normal. Annotation manuscrite de Pierre Duny-Pétré : « Bref, c’est la vie de château, semble-t-il document de propagande allemand ». Feuille blanche tapée à la machine recto-verso, format 210 mm x 270 mm.

 

53-       Les dossiers de la Gestapo, l’affaire Flora, avril 1943, et photocopie d’un document de la Gestapo indiquant l’arrestation de Jean Pétré. Communiqué par le Dr Chiny le 13 mars 2010. Trois feuilles blanches tapées à la machine, format 210 mm x 297 mm.

 

 

Todesfuge

Fugue de mort

Lait noir de l'aube nous te buvons à la nuit

Nous te buvons au midi la mort est un maître venu d'Allemagne

Nous te buvons au soir et au matin nous buvons et buvons 

La mort est un maître venu d'Allemagne son oeil est bleu

Il t'atteint d'une balle de plomb il ne te rate pas 

Un homme habite la maison tes cheveux d'or Margarete

Il jette ses molosses contre nous il nous offre une tombe dans le ciel

Il joue les serpents et rêve la mort est un maître venu d'Allemagne

Tes cheveux d'or Margarete

Tes cheveux de cendre Sulamith

Paul Celan, 1945

Par Duny-Pétré Arnaud
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Samedi 22 janvier 6 22 /01 /Jan 20:31

Libération du camp de


Buchenwald
1945

Archives du

Colonel Jean Pétré



Qui se souvenait pouvait espérer survivre. Qui conservait en soi une trace du monde

cultivé pouvait encore espérer résister à la mort. Ce que l’on garde en tête est le seul

bien que la barbarie ne puisse vous ôter. C’est le dernier trait d’identité

quand tout vous a été retiré, jusqu’à votre identité même.

Savoir un poème par cœur vous met à l’abri du désastre.

Faire ressurgir en soi l’écho de ce qui fut naguère

un patrimoine spirituel est un viatique,

à l’égal de l’hostie au regard du croyant.

Jean Clair

La barbarie ordinaire.

Repris dans le catalogue de l’exposition de Zoran Music,

«Nous ne sommes pas les derniers».


Documents ayant appartenu au Lt-colonel Jean-Baptiste Pétré, chef régional de l’Armée Secrète (AS), région du Sud Est R2. Il a été arrêté par la Gestapo le 4 juillet 1943, puis incarcéré et déporté au camp de Buchenwald. Le Lt-Colonel Jean-Baptiste Pétré, né le 27 octobre 1896, est décédé dans sa ville natale à Saint-Jean-Pied-de-Port le 7 avril 1959. Sa biographie  a été publiée par l’Amicale des Anciens du 141e RIA. Elle est aujourd’hui disponible à l’adresse internet suivante http://colonel.petre.resistance.marseille.over-blog.com.

Le document n° 56 « Mémoire pour la décoration de Commandeur de la Légion d’honneur » digurant dans le dossier « Décorations et médailles », résume l’action du colonel Pétré à Buchenwald :«Devant l’avance alliée (les Américains avaient traversé le Rhin au confluent de la Lippe à Wesel, à 80 km du camp de Annen), le camp de Buchenwald fut évacué le 28 mars 1945. Les déportés, encadrés par les SS furent dirigés à pied vers l’est, en traversant toute la Rhur. Ils marchèrent nuit et jour, sans ravitaillement autre que 200 grammes de pain par jour. Quiconque tombait de fatigue était abattu aussitôt. Déjà désigné comme chef de la Résistance dans le camp, le Lt-colonel Pétré fut de suite considéré comme le chef de la colonne par les déportés français, belges et hollandais et ils se tinrent en liaison étroite avec lui. Le soir du 31 mars, la colonne complètement épuisée, arriva à Lippstadt vers 11 heures du soir. On la parqua dans un cinéma. A cinq heures du matin, un tank américain pénétra dans la ville et les SS s’enfuirent. Mais un officier de l’armée allemande prit les déportés en main et, profitant du repli momentané du tank, remit la colonne en route vers l’est. C’est alors que le lieutenant-colonel Pétré, n’hésitant pas à entrer en contact avec cet officier allemand à la faveur de la panique commençante, obtint de prendre sous son commandement les déportés français, belges et hollandais auxquels se joignirent les espagnols. Les autres déportés (polonais, ukrainiens, yougoslaves, etc.) essayèrent de s’enfuir, mais la garde tira sur eux et nombreux furent ceux qui tombèrent. Le Lt-colonel Pétré réussit à maintenir l’ordre jusqu’à la nuit et à ramener sa colonne vers la ville, à l’aube. Il se présenta au commandement américain (major O’Donnel) qui le chargea du commandement des déportés, des STO et des PG alliés de Lippstadt, soit environ 3000 personnes. Il fallut loger, habiller, nourrir, encadrer ce personnel. Aidé par un groupe de camarades (dont M. Freychet, directeur des caves ce Roquefort et M. Chambon, consul de France à Boston) le Lt-colonel pétré réussit à la satisfaction générale. Il organisa le rapatriement et ses déportés, PG et STO furent les premiers rentrés en France. Il rentra le dernier, complètement épuisé (pesant 46 kilos) le 26 avril 1945».

 

Tous les documents indiqués et décrits ci-dessous se trouvent au domicile de Mme Jeanne Duny-Pétré, Hegitoa, Eiheraberri auzoa, 4, Uluntzeko bidia, 64220 Donibane Garazi. Tél :  05.59.37.04.91. Ce travail de compilation a été réalisé par Arnaud Duny-Pétré, filleul du colonel Pétré, à Bayonne, Tél : 05.59.59.37.64. arnaud.duny-petre@laposte.net.


Présentation : 1- Numéro d’ordre ; 2- Auteur ; 3- Titre, et/ou contenu ; 4- Date ; 5- Support : nombre de pages, nature et couleur du papier, manuscrit, tapé à la machine ronéotypé, imprimé, format, état (piqué, déchiré, etc.).

 

Liste de documents et leur contenu

1- Centre de rassemblement français, note indiquant le départ des prisonniers civils, signé par le commandant du centre civil, le lieutenant colonel Pétré. Feuille tapée à la machine, format 210 mm x 270 mm.


2- Texte bref sur les conditions de vie et de souffrance au camp de Buchenwald et l’arrivée des forces armées alliées le 1er avril 1945. Trois prisonniers ont pris alors l’initiative de créer un centre de regroupement français. Il s’agit de Jean Pétré, chef  régional de l’AS pour la région de Marseille (sept départements), assisté de M. Chambon, consul de France, délégué du CNR pour la région Ouest et de M. Freychet, directeur de la société Les caves de Roquefort, chef des FFI dans la région de Montpellier. Feuille blanche tapée à la machine, format 270 mm x 300 mm.


3- Drapeau tricolore en tissus, format ? mm x ? mm. Une fiche manuscrite l’accompagne : «Drapeau tricolore ramené d’Allemagne le 23 avril 1945. Ce drapeau a été hissé le 15 avril 1945 au mat de l’usine évacuée et changée en «Groupe sanitaire» 17  Hospitalstrass à Lippstaad, lieu de libération des déportés de Vitten-Annen évacués de ce camp le 28 mars 1945 et libérés à Lippstaadt par la 9e AA et 2e Air Born le dimanche 1er avril 1945. Ce drapeau a été évacué avec les fra (?) suivants :

Bleu : donné par un PG du ‘camp de Chamonix’ à Lippstaadt.

Blanc : toile trouvée en l’usine évacuée et ayant appartenu aux SS femmes.

Rouge : toile provenant d’un vieux drapeau hitlérien trouvé au garage de l’hopitalstrass
lors des évacuations.

Ce drapeau a été cousu par une Allemande… »


4- Drapeau tricolore et triangulaire en tissus, format 250 mm x 112 mm. Une fiche manuscrite l’accompagne : «Libération du camp le dimanche 1er avril 1945 par les troupes américaines. Le colonel Pétré fut alors adopté par les combattants de l’armée des Etats-Unis sous le nom de 'French Colonel'. Une voiture Jeep fut mise à sa disposition, elle portait le petit fanion gardé ici en souvenir».

 

DRAPEAU BUCHENWALD 2 crop

Le drapeau du colonel Pétré (document n° 4)


5- Modèle réduit du Block n° 7. Carte manuscrite de A. G. Allaume : «Au colonel J. Pétré en souvenir de notre déportation au camp de Witten-Annen. Reproduction de notre Block 7 que j’ai quitté avec votre aide et celle de ‘Roquefort’ le 28 février 1945 pour aller à l’infirmerie. Avec mes bons souvenirs.
Modèle réduit du Block n° 7 du camp de Vitten-Annen (Westphalie), camp annexe de Buchewald. Ce camp a été évacué le 26 mars 1945 par les déportés considérés comme ‘valides’ et le 28 mars 1945 par les ‘invalides’ en direction de Lippstaadt où tous ont été libérés le dimanche 1er avril 1945 à 10 h par la 9e Armée américaine».

Maquette block Buchenwald 2 crop


6- Coffret contenant deux morceaux de fil de fer barbelé. Sur une étiquette, la mention manuscrite «Buchenwald, 20-4-1946, fil de fer du crématorium», accompagné du dessin d’un insigne: triangle rouge avec F au milieu. Au verso du coffret, le texte suivant: «Souvenir du pèlerinage des anciens DP et leur famille au camp de Buchenwald le 20 avril 1946, signé G. Allaume. Morceaux de fil de fer barbelés coupés sur le circuit entourant le four crématoire et le dépôt des cadavres (fil des fer soupé en fraude malgré l’interdiction des autorités occupantes. Au Lt Cl Pétré, en souvenir de notre captivité  et notre camaraderie. G. Allaume».

 

FIL DE FER BARBELÉ BUCHENWALD 2 crop

Fil de fer barbelé du crematorium de Buchenwald (document n°6)

 

7- Laisser-passer en anglais au nom de Jean Pétré, tampon des Allied expeditionary  force. Daté du 12 avril 1945. Feuille blanche ronéotypée et tapée à la machine, format 210 mm x 150 mm.


8- Le Lt. Colonel Pétré, commandant le camp des prisonniers et travailleurs civils français, belges et hollandais de la région de Lippstadt, rend son véhicule de service aux autorités américaines le 22 avril 1945. Feuille blanche tapée à la machine, format 210 mm x 150 mm.


9- Facture d’un magasin de vêtements allemands à Lippstadt. Daté du 22 avril 1945. Feuille blanche imprimée, format 210 mm x 150 mm.


10- Laisser-passer temporaire en anglais, au nom de Jean Pétré, valable jusqu’au 5 mai 1945. Feuille blanche imprimée, format 210 mm x 150 mm.


11- Etat des effectifs numériques au Centre de regroupement français, classés par catégories, total de 3185 personnes. Lippstadt le 19 avril 1945. Feuille blanche tapée à la machine, format 210 mm x 150 mm. Deux exemplaires.


12- Liste de 19 noms, malades, tuberculeux. Manuscrit sur formulaire en allemand, format 205 mm x 150 mm.


13- Note de service n°4 du Commandement des camps français de la région de Lippstadt demandant l’arrêt des réquisitions. Signé par le colonel Robert, daté du 11 avril 1945. Feuille de papier bleu tapée à la machine, format 210 mm x 135 mm. Deux exemplaires.


14- Note de service n°5 du Commandement des camps français de la région de Lippstadt signalant deux cas de typhus. Signé par le colonel Robert, daté du 13 avril 1945. Feuille de papier bleu tapée à la machine, format 210 mm x 135 mm.


15- Note de service n°16 du Commandement des camps français de la région de Lippstadt  demandant aux militaires et civils de ne plus circuler en ville. Signé par le colonel  Robert, daté du 19 avril 1945. Au verso, papier à en-tête allemand avec croix gammée. Feuille de papier blanc tapée à la machine, format 210 mm x 150 mm.


16- Ordre de service n°2 du centre de regroupement des Français, secteur de Lippstadt, indiquant aux anciens prisonniers le comportement à tenir. Signature du colonel Robert. Feuille blanche tapée à la machine, format 280 mm x 210 mm.


17- Note de service n°11 du Commandement des camps français de la région de Lippstadt organisant la circulation en ville des anciens prisonniers. Signé par le colonel Robert, daté du 14 avril 1945. Feuille de papier bleu tapée à la machine, format 210 mm x 270 mm.


18- Note de service n°13 du Commandement des camps français de la région de Lippstadt demandant aux militaires et civils de ne plus réquisitionner en ville. Signé par le colonel Robert, daté du 18 avril 1945. Feuille de papier blanc tapée à la machine, format 210 mm x 150 mm. Deuxième exemplaire su papier bleu-vert avec annotation manuscrite.


19- Rapport sur la situation faite à Lipppstadt aux français, civils et militaires émanant du Commandement des camps français de la région de Lippstadt. Thèmes abordés : discipline, nourriture, habillement, réquisitions, situation des officiers et des personnalités civiles. Signé par le colonel Robert, daté du 19 avril 1945. Feuille recto-verso de papier blanc tapée à la machine, format 220 mm x 290 mm.


20- Rapport du colonel Robert Gaston sur les officiers prisonniers et civils déportés qui ont rendu des services après leur libération, Commandement des camps français secteur de Lippstadt. Souligne «le dévouement de cinq déportés politiques de Buchenwald qui, malgré leur extrême fatigue, se sont spontanément chargés, dès le 1er avril, de rassembler et de faire vivre tous les Français de la région (...), ce sont Messieurs Pétré Jean, Lt-colonel de réserve, Chef-régional pour l’AS, région de Marseille (Bouches du Rhône, Var, Alpes Maritimes, Hautes et Basses Alpes, Vaucluse, Gard) (...)». Daté du 23 avril 1945. Deux feuilles blanches tapées à la machine, format 210 mm x 297 mm.


21- Nomination par le colonel Meunier du Lt-colonel Pétré au recensement des déportés politiques, centre de regroupement de Français, secteur de Lippstadt. Daté du 10 avril 1945. Feuille blanche tapée à la machine, format 210 mm x 297 mm.


22- Note sur «245 prisonniers politiques travaillant dans une usine de guerre à Aanen, près Witen, venus à pied par étapes forcées et encadrés par leurs gardiens SS jusqu’à Lippstadt», leur état physique et psychique très détérioré, la nécessité de les rapatrier rapidement. Cite cinq d’entre eux, dont «M. Pétré, chef régional de l’AS pour la région de Marseille», qui ont pris l’initiative de créer le centre de regroupement français. Liste des 245 prisonniers accompagnés de leur n° matricule. Daté du 16 avril 1945. Quatre feuilles blanches tapées à la machine en double exemplaire, format 210 mm x  297 mm. Liste de noms sur 10 feuilles blanches tapées à la machine, format 210 mm x 297 mm.


23- Brouillon du texte introductif de la note précédente. Daté manuellement du 24 avril 1945. Feuille blanche tapée à la machine, format 210 mm x 297 mm.


24- Liste de noms et prénoms au 1er avril 1952. «Buchenwald» en notation manuscrite de Jean Pétré. Feuille blanche tapée à la machine, format 210 mm x 268 mm

 
25- Enumération numérotée de catégories de listes ou de prisonniers. Feuillet manuscrit au crayon, format 98 mm x 142 mm.


26- Liste de noms et prénoms de travailleurs civils français, en quatre exemplaires. Quatorze feuilles blanches tapées à la machine, format 210 mm x 297 mm.


27- Un exemplaire du journal Rouge-midi, quotidien régional du PCF, n°218 du 28 avril 1945.

 

lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll

Le lieu où ils gisaient, il avait un nom, il n'en avait pas

Ils ne gisaient pas là. Quelque chose gisait en eux

Ils ne voyaient pas à travers.

C'est moi, moi,

Je gisais entre vous, j'étais ouvert, étais audible,

Je tendais les doigts vers vous, votre souffle obéissait,

c'est toujours moi, vous dormiez, n'est-ce pas?

Paul Celan

Par Duny-Pétré Arnaud
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Samedi 22 janvier 6 22 /01 /Jan 20:30

Livre noir

de la

XVe région

 

C’est quant tu es ivre de chagrin

que tu n’as plus du chagrin que le cristal.

René Char

 

D

OCUMENTS ayant appartenu au Lt-Colonel Jean-Baptiste Pétré, Délégué régional du service de recherche des crimes de guerre ennemis, nommé le 4 juillet 1945.

Le colonel Pétré fut chef régional de l’AS, région du Sud Est R2, arrêté par la Gestapo le 4 juillet 1943, il fut incarcéré et déporté au camp de Buchenwald de 1943 à 1945. Sa biographie a été publiée par l’Amicale des Anciens du 141e RIA. Elle est aujourd’hui disponible à l’adresse internet suivante http://colonel.petre.resistance.marseille.over-blog.com.

Tous les documents indiqués et décrits ci-dessous se trouvent au domicile de Mme Jeanne Duny-Pétré, Hegitoa, Eiheraberri auzoa, 4, Uluntzeko bidia, 64220 Donibane Garazi. Tél : 05.59.37.04.91. Ce travail de compilation a été réalisé par Arnaud Duny-Pétré, filleul du colonel Pétré, à Bayonne, Tél : 05.59.59.37.64. arnaud.duny-petre@laposte.net.

Présentation : 1- Numéro d’ordre ; 2- Auteur ; 3- Titre, et/ou contenu ; 4- Date ;  5- Support : nombre de pages, nature et couleur du papier, manuscrit, tapé à la machine ronéotypé, imprimé, format, état (piqué, déchiré, etc).

 

Grande hazanaGravure de Francisco Goya, "Grand exploit! Avec des morts!", Désastres de la guerre, 1810-1820

 

Liste de documents et leur contenu

Les documents sont présentés dans l’ordre dans lequel nous les avons trouvés. Certains d’entre eux sont des documents préparatoires ou des versions provisoires avant la synthèse définitive.

 

1-     Copie de lettre adressée par le Délégué régional du service de recherche des crimes de guerre ennemis à la direction nationale pour l’envoi du Livre noir pour la XVerégion. Datée du 30 octobre 1946. Feuille blanche de papier pelure tapée à la machine, format 210 mmx 270 mm.

 

2-     Introduction présentant le récit des atrocités commises par l’occupant italien (OVRA, Gestapo italienne), puis par la Werhmacht. Troisfeuilles de papier blanc tapées à la machine, format 210 mm x 270 mm.

 

3-     Livre noir pour la XVe région (région de Marseille), recueil détaillé de combats, meurtres, tortures, exécutions, prises d’otages, charniers, exactions, expéditions punitives, massacres commis par l’occupant dans la région, récits et témoignages précis, situés dans l’espace et dans le temps. Ensemble de 33 pages sur papier pelure ivoire, tapées à la machine, format 210 mmx 270 mm.

 

4-     Livre noir pour la XVe région (région de Marseille), recueil détaillé de combats, meurtres, tortures, exécutions, prises d’otages, charniers, exactions, expéditions punitives, massacres commis par l’occupant dans la région, récits et témoignages précis, situés dans l’espace et dans le temps. Ensemble de 36 pages sur papier jauni (acidifié), quelques pages de plus que l’exemplaire précédent, tapées à la machine, format 210 mm x 270 mm.

 

5-     Recueil de témoignages du même ordre que le précédent, sous la forme d’un brouillon annoté manuellement et classé par départements : Basses-Alpes, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes. Six feuilles blanches tapées à la machine recto-verso, format 210 mm x 270 mm.

 

6-     Chapitre III, annexes, annexe I dossiers témoins, S/ S.M.15 111e bureau, section 3, affaire Decarpentries Marc Louis, lieutenant de la LVF, dossier sur ses activités au service des Allemands et son évasion. Daté du 16 novembre 1944. Vingt pages de papier pelure blanc tapées à la machine, format 210 mm x 270 mm.

 

7-     Annexe E, dossier d’enquête sur Bouhoure Robert Jean, adressé au juge d’instruction Delpech. Quinze pages de papier pelure blanc, format 210 mmx 270 mm.

 

8-     Annexe F, dossier de Albert Lejeune, ancien directeur du journal Le Petit niçois, fusillé le 3 janvier 1945 à Malmousque, procés-verbal, copies de lettres, articles de presse. Treize pages blanches tapées à la machine, format 210 mm x 270 mm.

 

9-     Annexe 2, compte-rendu d’activités. Résumé du commandant Gervais, liste des dossiers traités avec la suite qui leur est donnée, classés par catégories : affaire CE, affaire épuration, affaire diverse, affaire protection de nos agents, affaires italiennes, affaires allemandes, affaires américaines. Quarante feuilles blanches de papier pelure, tapées à la machine, format 210 mm x 270 mm.

 

10- Annexe 3, métamorphoses de notre service, conclusions très dures sur une épuration sabotée et la justice qui devient l’injustice. Une page de papier pelure blanc, tapée à la machine, format 210 mm x 270 mm. 

 

11- Photos du monument à la mémoire du charnier de Signes dans le Var (18 juillet 1944). Photos de anniversaire le 17 juillet 1949.

 

Y nohay remedio

Gravure de Francisco Goya "Et pas de solution", Désastres de la guerre, 1810-1820

Par Duny-Pétré Arnaud
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Samedi 22 janvier 6 22 /01 /Jan 20:29

Crimes

de guerre ennemis

Documents d’enquête

 

Je n’oubliais pas le visage écrasé des martyrs

dont le regard me conduisait au Dictateur

et à son Conseil, à ses surgeons et à leur séquelle.

Toujours Lui, toujours eux pressés dans leur mensonge

et la cadence de leurs salves ! Des impardonnables venaient ensuite

 qu’il fallait résolument affliger dans l’exil,

les chances honteuses du jeu leur ayant souri.

La perte de justice, par conjoncture est inévitable.

René Char

Billets à Francis Curel

 

 

D

OCUMENTS ayant appartenu au Lt-Colonel Jean-Baptiste Pétré, Délégué régional du service de recherche des crimes de guerre ennemis, nommé le 4 juillet 1945.

Le colonel Pétré fut chef régional de l’AS, région du Sud Est R2, arrêté par la Gestapo le 4 juillet 1943, incarcéré puis déporté au camp de Buchenwald de 1943 à 1945. Sa biographie a été publiée par l’Amicale des Anciens du 141e RIA. Elle est aujourd’hui disponible à l’adresse internet suivante http://colonel.petre.resistance.marseille.over-blog.com.

Tous les documents indiqués et décrits ci-dessous se trouvent au domicile de Mme Jeanne Duny-Pétré, Hegitoa, Eiheraberri auzoa, 4, Uluntzeko bidia, 64220 Donibane Garazi. Tél : 05.59.37.04.91. Ce travail de compilation a été réalisé par Arnaud Duny-Pétré, filleul du colonel Pétré, à Bayonne, Tél : 05.59.59.37.64. arnaud.duny-petre@laposte.net.

 

Présentation : 1- Numéro d’ordre ; 2- Auteur ; 3- Titre, et/ou contenu ; 4- Date ;  5- Support : nombre de pages, nature et couleur du papier, manuscrit, tapé à la machine ronéotypé, imprimé, format, état (piqué, déchiré, etc).

 

 Liste de documents et leur contenu

 

1-      Télégramme du Directeur du service de recherche des crimes de guerre annonçant la nomination de Jean Pétré en qualité de délégué du service de recherche.  Formulaire de télégramme, format 205 mm x 105 mm.

 

2-      Copie conforme du télégramme, document n°1. Feuille de papier blanc, tapée à la machine, format 210 mm x 135 mm.

 

2-        XV Région militaire, Etat major, quartier général, fiche de préavis pour représenter le général par un officier supérieur. Daté du 29 novembre 1945. Feuille de papier blanc, format 210 mm x 145 mm.

 

3-        Cabinet du Commissaire régional de la République à Marseille, copie de télégramme de nomination de Jean Pétré au poste de directeur régional des recherches des crimes de guerre ennemis. Daté du 4 juillet 1945. Feuille blanche tapée à la machine, format 205 mm x 267 mm.

 

4-        Ministère de la Justice, arrêté de nomination de Jean Pétré, délégué du service de recherche des crimes de guerre ennemis pour la région administrative de Marseille, XVe région militaire. Daté du 20 juin 1945. Deux feuilles blanches tapées à la machine, format 210 mm x 270 mm.

 

5-        Fiche de renseignement de Jean Pétré, identité, grades et décorations. Feuille blanche tapée à la machine, format 210 mm x 270 mm.

 

6-        Extrait du Journal officiel du 28 juin 1945, nommant Jean Pétré délégué du service de recherche des crimes de guerre ennemis pour la région administrative de Marseille, XVe région militaire. Feuille blanche tapée à la machine, format 210 mm x 270 mm.

 

7-        Permission de détente de dix jours accordée au chef de bataillon Jean Pétré pour se rendre à Saint-Jean-Pied-de-Port. Datée du 11 décembre 1945. Formulaire imprimé, tamponné et signé, papier blanc, format 222 mm x 280 mm.

 

8-        Etat-major, commandement régional des camps de P.G., autorisation accordée au commandant Pétré pour pénétrer dans tous les dépôts ou chantiers de travail de la XVe région militaire. Daté du 3 juillet 1945. Feuille de papier blanc ronéotypée, manuscrite et tamponnée, format 210 mm x 270 mm.

 

9-        Deux formulaires vierges de carte d’identité professionnelle, ministère de la Justice, service de recherche des crimes de guerre ennemis. Carton blanc imprimé, format 163 mm x 120 mm.

 

10-    Carte d’identité de Jean Pétré, délégué régional du SRCGE, ministère de la Justice. En deux morceaux, abîmée, carton blanc imprimé, format 163 mm x 120 mm.

 

11-    Laissez-passer de Jean Pétré, délégué régional du SRCGE, délivré par le ministère de la Justice. Carton blanc, imprimé, format 120 mm x 80 mm.

 

12-    Carton d’invitation à une conférence du général Ingold adressé au colonel Pétré. Carton blanc imprimé, format 120 mm x 95 mm.

 

13-    Ministère des Armées, autorisation accordée à Jean Pétré pour les interrogatoires de prisonniers de guerre. Datée du 23 février 1946. Feuille blanche ronéotypée, signée et tamponnée, format 210 mm x 270 mm.

 

14-    Liste de morts avec le nom de ceux qui les ont arrêtés, torturés et tués. Papier à en-tête de l’Amicale Combat, feuille blanche tapée à la machine, format 210 mm x 269 mm.

 

15-    Liste de rescapés de la Gestapo avec le nom de ceux qui les ont arrêtés, torturés et tués. Papier à en-tête de l’Amicale Combat, feuille blanche tapée à la machine, format 210 mm x 269 mm.

 

16-    Attestation du docteur Francis Beltrami, président de la section régionale de Marseille de Fédération  nationale des déportés et internés de la Résistance. Décrit les tortures subies de la part de Delage, Tortora et Gaston au siège de la Gestapo en 1943 et leurs séquelles. Cite le colonel Pétré, témoin de son état. Daté du 24 janvier 1946. Feuille de papier à en-tête de la FNDLR, tapée à la machine recto-verso, format 215 mm x 270 mm.

 

17- Liste de noms et adresses situées dans différents pays, classés par ordre alphabétique, document d’origine italienne présenté en français comme un «carnet mondain». Quatre feuilles blanches manuscrites, format 212 mm x 270 mm. 

Par Duny-Pétré Arnaud
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