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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 11:27

Affaire Flora

par Jean-Marie Guillon

Extrait du Dictionnaire historique de la Résistance

(chapitre Evènements et actions, face à la répession, p.771)

Sous la direction de François Marcot

Coll. Bouquins, Robert Laffont

 

Le rapport «Flora» daté du 19 juillet 1943, dresse le bilan de l’une des opérations de répression de la Résistanceles plus importantes menées par la Gestapo en zone sud. Etabli par Ernest Dunker, Delage, agent de la Sipo-SD (Sicherheitspolizei-Sicherheistsdients, police de sécurité et service de sécurité) de Marseillen section IV, sa désignation dérive du premier nom prté sur une liste de 2410 résistants ou résistantes, souvent de premier plan : celui de l’épouse du radio Auguste Floiras (réseau Jockey du Special Operations Executive). La liste énumère d’abord les 122 personnes arrêtées dans la région R2 (Marseille) entre le 14 mars et le 4 juillet 1943 (dont 17 relâchées faute de charges suffisantes), puis les 10 arrêtées ou identifiées dans le cadre d’une autre affaire et les 108 identifiées et parfois déjà aux mains de la police française (3), de l’Organisation de vigilance et de répression de l’antifascisme (5) ou des Allemands hors de R2 (10). Les états-majors de Mouvements unis de Résistance (MUR) à Marseille, Toulon, et Nice sont décapités. A part le colonel Duboin, chef régional de l’Armée secrète qui choisit de se suicider, la plupart des résistants arrêtés seront déportés. Parmi eux, l’écrivain Benjamin Crémieux, ancien président du Pen Club, chef régional NAP et SR (Noyautage des administrations publiques et Service de renseignements), le chef régional maquis Wexler, le chef régional du réseau Gallia, Verviers, le leader syndicaliste marin Ferri-Pisani. Maurice Chevance-Bertin, chef-régional MUR qui est parvenu à s’échapper, est identifié, ainsi que d’autres responsables, et doit changer de région.

L’ampleur de l’affaire est due au retournement de cinq résistants arrêtés et passés au service de la Gestapo. La trahison la plus grave est celle de Jean Multon, Lunel, secrétaire de Chevance ? «Prêté» le 24 mai au SD de Lyon, il permet de faire arrêter Berty Albrecht, René Hardy, le général Delestraint et le colonel Gastaldo, Jean-Pierre Levy, Henri Frenay, Henri Aubry et Raymond Aubrac sont identifiés, tout comme Jean Moulin qui porte le n° 54. Le rapport Flora découvert au siège du SD marseillais en septembre 1944 sera l’une des pièces à charge majeures dans les procédures intentées contre René Hardy qui, avec le n° 106, est présenté comme «agent double de l’Einsatz Kommando de Lyon». Par ailleurs, me rapport, après avoir fait un état du matériel saisi et présenté un tableau assez précis de l’organisation nationale des Mouvements unis de Résistance, conclut que ceux-ci «restent sans direction» et que «leur activité est paralysée pour les temps prochains». Il pronostique même leur «mise en pièces» après l’arrestation de résistants identifiés (ce qui se produira pour treize d’entre eux). Sur tous ces derniers points, il se trompait.

 

                                                                                  Jean-Marie Guillon

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Published by Duny-Pétré Arnaud
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  • : Biographie du Lieutenant-Colonel Jean-Baptiste Pétré, chef régional de l'Armée Secrète AS à Marseille. Archives de l'AS, de la déportation, de l'épuration. Campagne de France et Résistance durant la 2ème guerre mondiale.
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